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Les fondamentaux anthropologiques pauliniens à la lumière de l'intertextualité

Auteur Jacques Nguemen
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Résumé de la thèse L’homme dans le Nouveau Testament Une relecture à la lumière de Gn 1-3 Par Jacques NGUEMEN (Paul et les autres auteurs du « Nouveau Testament » : Deux cas de lectures et commentaires de l’humain dans la Bible .) Introduction Quand on lit les Epîtres de Paul et les autres commentaires de la Bible (d’autres écrits du « Nouveau Testament »), le constat qui se dégage est que leurs auteurs n’ont pas la même approche de l’interprétation des Ecritures en général et de l’humain en particulier. Comment ces auteurs du premier siècle de notre ère ont-ils interprété la Bible ? Comment Paul, lui, qui n’a pas connu Jésus de Nazareth, a interprété les trois premiers récits de la Genèse qui parlent de la création et de la désobéissance de l’homme? En d’autres termes comment Paul définit-il l’homme ? Qu’en est-il des autres auteurs du Nouveau Testament ? Voilà les questions qui vont sous-tendre les réflexions consignées ci-dessous. I.Paul : Sa lecture et commentaire de la Bible Il est très important de souligner que Paul n’a pas connu Jésus de Nazareth, mais plutôt Jésus le ressuscité. Cela a donc pour conséquence que Paul n’appréhende pas l’humain Jésus en particulier et l’humain en général de la même façon que les apôtres, les auteurs des Evangiles, et les auteurs des autres Epîtres. I.1 Saül et la Tora avant sa rencontre avec le Ressuscité Saül, il faut aussi le souligner, était versé dans l’étude de la Tora. Il était le disciple de l’illustre Gamaliel. Ce dernier, quant à lui, était petit-fils de Hillel. Hillel était un rabbin qui considérait que la Tora était moins un outil de répression, de punition ou de condamnation que d’instruction. La fonction ou le but de la Tora était de sauver l’homme que de le perdre. Comment un homme qui a été formé dans une école qui enseignait une compréhension et une application tolérante des Ecritures vis-à-vis de l’homme fut, lui-même, si intolérant au point qu’il pourchassait les disciples de Jésus pour les livrer soit à la mort cruelle par lapidation (cas d’Etienne) ou pour les plus veinards à la justice du Sanhédrin ou des romains ? Question difficile à répondre. Si on peut dire « tel père, tel fils », il est par conséquent difficile de dire « tel maître, tel disciple. » dans le cas qui concerne Paul. I.2 Paul et la Tora après sa rencontre avec le Ressuscité Après sa rencontre avec Jésus le ressuscité sur le chemin de Damas, Paul, alors qu’il était en route pour aller arrêter les disciples de Jésus pour les livrer aux sanhédrins de Jérusalem et aux autorités romaines, va opérer un changement radical de camp. Il va passer de l’aile droite, l’aile la plus radicale du pharisianisme, l’aile la plus conservatrice de la Tora de Moïse à l’aile la plus tolérante du Judéo-christianisme, celle de laquelle va naître le Christianisme actuel. Comment cela a t-il été possible ? I.3 Paul et son interprétation de la Tora après la rencontre Deux livres de la Genèse (Gn 2-3) vont jouer un rôle très important dans la nouvelle interprétation des Ecritures par Paul. I.3a Rappel de Gn 2 La Genèse 2 nous présente l’homme-spirituel, et non l’homme-esprit, l’homme animal, l’homme du jardin, (cadre spatial), l’homme en parfaite communion avec l’Eternel Dieu, l’homme qui doit cultiver et garder le jardin( le jardin est la propriété de l’Eternel Dieu,) mais qui est soumis à un interdit, celui de ne pas manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, l’homme qui a un pouvoir de contrôle sur la mort. I.3b Paul et la Gn 2 C’est donc cet homme que rencontre Paul sur le chemin de Damas. L’homme qui a vaincu la mort et est devenu son maître. Paul est en face de celui qui a vaincu de la Croix. La Genèse 2 est le point de départ et le point d’arrivée de la Théologie de Paul.( 1tim, etc...voir son interprétation du pourquoi la femme doit se taire dans l’assemblée) I.3c Paul et la Gn 3 Paul, après sa rencontre avec le Ressuscité, prend conscience de l’état de l’homme pécheur, l’homme désobéissant, l’homme du mal, l’homme coupé de Dieu, l’homme animal, l’homme de chair. Et c’est en ce moment que la Croix lui apparaît d’une importance capitale voire fondamentale. Toute la théologie de Paul serait donc de faire prendre conscience de l’importance de la Croix. Grâce à elle, l’homme retrouve sa place dans le jardin. L’homme animal, l’homme spirituel retrouve son cadre spatial qui est le jardin. Bien qu’il soit sous le commandement de ne pas manger de l’arbre de la connaissance du mal, il vit dans la parfaite obéissance. Celui qui croit à celui qui a vaincu de la croix est restauré dans son premier état, il est devenu une nouvelle créature ou création. Il est en parfaite communion avec Dieu. Il est devenu comme le Christ ressuscité, celui qui est « né » de Dieu. Quoiqu’il vit dans la chair, il l’a déjà crucifiée sur la croix et il est ressuscité. Il vit déjà dans le jardin d’Eden. I.3 d Quelle est la place de la Gn 1 dans la Théologie de Paul ? Paul n’y fait pas grand cas. Cela montre que Paul était un bon juif. Il n’est pas beaucoup préoccupé par la vie dans « le ciel », dans la présence même de Dieu. Lui-même dit qu’il a connu un homme qui fut transporté jusqu’au troisième ciel, et il a entendu des choses qu’il n’est pas possible à un homme d’exprimer et chose curieuse, il ne savait pas dans quel « corps » cet homme fut transporté vers ce lieu. C’est l’homme du jardin qui l’intéresse et non l’homme Esprit. Même s’il n’est pas contre l’idée de cet homme qui vivra dans la présence de Dieu que présentent les autres commentateurs du Livre, les autres auteurs du « Nouveau Testament » pour qui la Genèse 1 est le livre par excellence. II. Les autres auteurs du « Nouveau Testament » Les autres commentateurs de la Bible ou de la Tora, contrairement à Paul, ont connu directement ou par intermédiaire Jésus de Nazareth. En plus d’avoir connu l’homme de Galilée, ils ont eu, plus tard, un autre privilège, celui d’avoir vu le Ressuscité (l’homme spirituel). Après un recul, ils ont pu évaluer les propos de celui qui fut leur maître. Et surtout, ils ont pu évaluer sa personne. Et contrairement à Paul, ils vont s’intéresser à l’homme Jésus qui répondait aux pharisiens « Avant qu’Abraham fut, je fus », c’est- à-dire à l’homme qui a préexisté à Abraham. Et cet homme, c’est l’homme Esprit, l’homme image de Dieu, l’homme Parole, Adam de la Genèse 1. II.1 Jean et son interprétation de la Genèse Pour l’auteur de l’Evangile selon Jean, cette Parole était auprès Dieu, et elle était Dieu, cette Parole s’est faite chair et elle a habité parmi nous, c’est cet homme qui a fait le monde(les humains…,) et le monde ne l’a pas connu…Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné le droit d’être enfants de Dieu,(à savoir) à ceux qui croient en son nom ; lesquels sont nés, non pas de sang(alliance faite à Abraham ?), ni de la volonté de la chair(naissance par engendrement ?), ni de la volonté de l’homme(animal ) mais de Dieu. Cet homme Esprit(Gn1) a vécu comme l’Adam du jardin(Gn2) hors du jardin. Cet homme Esprit a pris le corps périssable pour s’identifier à l’homme périssable(Gn3). Bien qu’il ait vécu dans sa Chair comme l’homme du jardin (sans péché). La croix pour Jn est l’aboutissement de la mission de l’homme Esprit. L’homme Esprit est venu avec le royaume des cieux. Mais pour y vivre, il faut vivre hors du jardin comme étant dans le jardin. Il faut que nous nous détachions de notre condition (d’homme déchu) l’homme de Gn3. Il faut qu’on meure à la chair, La croix prend ici tout son sens, pour nous revêtir de l’homme du jardin, l’homme spirituel, par la résurrection(Gn2). Ce qui est très intéressant, c’est que Jean ne s’arrête pas à l’homme spirituel de la Genèse 2 comme Paul, il vise la transcendance de l’homme qui doit se faire en Esprit. C’est la vie dans la présence de Dieu qui le préoccupe (Gn1). L’homme vit déjà dans son état du jardin sur cette terre (hors du jardin) lorsqu’il croit en Christ. Il est déjà l’homme du jardin, l’homme spirituel, l’homme mort et ressuscité qui n’attend plus que le temps quand sonnera la trompette pour être dans la présence réelle et continuelle de Dieu. En définitive Pour Jean, c’est l’homme Esprit qui est sa préoccupation première. L’homme de la Gn 1. Il a été à toutes les étapes de la transformation de l’homme incarnée par Jésus. L’Apocalypse apparaît évidente pour cet auteur. N.B Quand on lit Jean, on s’aperçoit qu’il montre que Gn 2 est foncièrement juive, mais elle va devenir aussi une propriété des nations par le rejet de la lumière par certains juifs. II.2 Le reste des auteurs Quand on lit les autres auteurs du « Nouveau Testament », on se rend compte que tous le présente comme le « Fils de Dieu » Mathieu dans son prologue le présentera comme le fils de David et d’Abraham. Le fils de David signifie qu’il est le roi. Le roi est dans la tradition moyen-orientale, un fils de Dieu. En Egypte, le roi est le fils du Râ-dieu. Marc et les autres n’hésitent pas à qualifier Jésus de fils de Dieu. Dans son prologue, il donne à Jésus le titre sans hésitation ni contours. Cela est aussi le cas pour Luc (Lc 3 : 22 ; 38) qui n’ayant pas connu Jésus, a hérité de la tradition de ceux qui l’ont connu. Jean, quant à lui, est celui qui pense que Jésus n’est pas seulement fils de Dieu, mais Dieu lui-même (lire son prologue et Jn 1 :34.) Ceci montre que tous ces auteurs sont unanimes sur l’importance de la Gn 1 qui insiste sur l’homme Esprit, l’homme préexistant. Une chose est à mentionner, c’est le fait que ces auteurs ont écrit leurs commentaires après qu’ils eurent compris les Ecritures. Après que Jésus le ressuscité ait soufflé sur eux après la résurrection pour qu’ils comprissent les Ecritures. C’est en ce moment qu’ils passèrent du stade d’homme charnel(Gn3) à l’homme spirituel(Gn2). Tout le reste de leur vie, ils vécurent sur cette terre comme étant dans le jardin dans l’espérance de la vie dans la présence pleine de Dieu en homme esprit). Conclusion Si pour les autres auteurs du « Nouveau Testament » qui ont vécu toutes les transformations, toutes les métamorphoses de l’homme Jésus, la Genèse 1 est le livre par excellence, Paul, quant à lui, qui n’a connu que le Ressuscité et ceci dans un cadre beaucoup privé est beaucoup plus préoccupé par le salut individuel. Paul est plus porté vers la pratique que la théorie. La parénétique occupe un rôle très important dans la théologie de Paul contrairement aux autres qui sont plus portés vers la métaphysique. Paul, d’ailleurs, va le faire savoir dans ses épîtres à l’Eglise de Corinthe. Il n’est ni occupé par la sagesse de la Parole ni par les miracles, mais par la croix. Cela passe par une vie de communauté. Une entre aide entre les croyants. L’homme et la femme qui symbolisent l’humanité doivent vivre en parfaite unité comme cela fut le cas dans le jardin avant la chute.
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